La peur qui s'installe..

Ce petit numéro qu'on espérait bien ne jamais avoir à composer..

Mes enfants qui me voient partir dans ce camion rouge..

Et surtout cette douleur, violente, quasi constante, insupportable..

Et ce sang.. Partout.. Mes vêtements imbibés, le brancard inondé..

L'attente.. Bloc, pas bloc.. Ce sera bloc finalement..

Le réveil post-opératoire.. Les tremblements incontrôlables.. Et l'infirmière qui me répète "respirez mieux madame, vous dessaturez!", alors que je respire de toutes mes forces..

Le retour en chambre.. Le calme retrouvé.. Cette nuit reposante bien que très hâchurée..

Et le réveil le lendemain matin, enfin.. La douleur entièrement disparue.. Pouvoir se lever, marcher, se laver, vivre.. Oublier tout ce sang de la veille.. 

Et rentrer à la maison.. enfin..

Se sentir soulagée.. 

Et c'est peut-être cela le plus triste: avoir dépassé le stade de la tristesse pour ne plus ressentir que du soulagement..

 

Nous ne serons jamais 6.. Car une chose est sûre : plus jamais ça..